Cette page est la version texte de l'article extrait du « Télé Star », 1978.
Quel est pour vous le bilan de la grève ?
- Eh bien, cela fait un mois que l'émission « Midi-Première » est arrêtée à cause de la grève. Mais cela ne nous mettra pas trop en retard pour les semaines à venir, car nous travaillons essentiellement en direct. Si la SFP repart, nous aussi !
Que faisiez-vous avant d'être speakerine ?
- J'étais à la faculté de Clermont-Ferrand où je terminais ma licence d'Allemand : je voulais passer l'agrégation et devenir professeur-assistante à la faculté. Comme j'étais très timide, je suivais même des cours de diction au Centre régional d'art dramatique de Clermont.
Comment avez-vous débuté à la télévision ?
- Je vais vous le raconter pour la dixième fois, mais je vois déjà mes collaborateurs qui se bouchent les oreilles ! Un jour, les gens de France Inter sont venus au Centre d'art dramatique : ils cherchaient une remplaçante pour quinze jours. Après quelques essais, j'ai été choisie. Or, justement, dans les locaux de la radio à Chamalières, on montait les studios de « Télé-Auvergne », et on cherchait une présentatrice. Après un concours public que j'ai remporté, et quelques essais, j'ai été engagée. Les détails sont encore gravés dans ma mémoire comme si c'était hier ! C'est que tout cela, radio et télévision, effrayait et séduisait la petite étudiante que j'étais, vous pensez bien ! Bref : j'ai finalement été élue par le public, ce qui est une très grande chance. Le destin m'a pris la main, en quelque sorte ! (Je crois beaucoup au destin). Et puis en 68, tout s'est arrêté. Lorsque la vie a repris, on m'a proposé de collaborer à une nouvelle émission, « Midi Magazine ». Je suis donc montée à Paris, comme on dit. (À l'époque, Jacques Martin n'était pas encore là). Et puis, j'ai fait « quelques dépannages » improvisés. Mais on me répétait toujours : « C'est provisoire. On ne vous gardera pas ! » Eh bien, voyez-vous, en fin de compte, on m'a gardée et j'ai fêté mes dix ans de télévision en septembre dernier !
Allez-vous modifier ou transformer votre émission ?
- Vous savez, on donne aux gens ce qu'ils aiment. Ils demandent de la chanson, on leur donne de la chanson ! Mais on évolue, bien sûr, et l'émission a changé (de même que moi j'ai beaucoup changé, enfin je l'espère...) parce qu'elle est très vivante et qu'elle suit l'actualité du spectacle. Et puis, on parle beaucoup avec les gens, dans les déplacements en province. Parce qu'on ne fait pas l'émission pour les Parisiens seulement, mais pour toute la France ! On prend l'atmosphère de chaque région : il y a des choses que l'on ressent, c'est une question d'intuition ! Le facteur humain a beaucoup d'importance dans la fabrication d'une émission...
Est-ce vous toute seule qui choisissez les artistes invités ?
- Non, nous travaillons en équipe avec mes deux assistants, Claude Letessier et Françoise Lomanski (« Fanfan » pour les intimes) et avec le réalisateur Jacques Pierre.
Pourquoi ne voit-on jamais Alain Delon ou Johnny Hallyday pendant une semaine à « Midi-Première » ?
- Alain Delon est déjà venu à l'émission. Quant à Johnny, cela fait déjà un an qu'il a promis de venir ! Mais ces grandes vedettes sont très occupées et ne peuvent pas toujours se libérer.
Et Georgette Lemaire ? Pourquoi la voit-on si peu ?
- Notre émission est sans doute celle où on l'a vue le plus ! Nous l'aimons beaucoup, vraiment. Mais encore faut-il qu'elle soit disponible et qu'elle souhaite présenter de nouvelles chansons !
N'êtes-vous pas lasse de faire « Midi-Première » ? N'avez-vous pas envie de faire une autre émission ?
- Lasse, moi ? Certainement pas ! C'est que je serais lasse de la vie, alors, parce que mon émission est comme la vie ! Je préfère m'y consacrer entièrement plutôt que m'éparpiller dans plusieurs directions : à mon avis, « Midi-Première » correspond vraiment à ce que doit être la télévision : elle est en direct, elle suit l'actualité, elle est très ouverte, et ça me plaît toujours autant !
Qu'est-ce qui vous passionne en dehors de la télévision ?
- La télévision m'a donné l'occasion d'assouvir toutes mes passions : le goût du contact humain, le goût du spectacle, le goût du voyage aussi dans cette France que j'aime tant ! C'est un si beau pays ! La télé m'a aussi permis de rencontrer beaucoup de gens hors du commun ! Non, vraiment la préparation et la réalisation de l'émission me comblent !