La Dernière Heure, 10 juin 2004.
Danièle Gilbert, déçue de son élimination, règle ses comptes avec McDoom.
Beaucoup la voyaient en finale... mais Danièle Gilbert a finalement dû s'incliner, vendredi, face à Ève Angeli. Désormais revenue à la vie normale, elle dit ses quatre vérités aux autres célébrités.
Comment allez-vous ?
« Je vais très bien. Dès ma sortie, j'ai retrouvé Patrick, mon mari, ainsi que toute ma famille. Je ne rêvais ni de bain chaud, ni de lit douillet. Revoir mes proches était mon seul souhait. Cela peut, peut-être, vous étonner, mais je ne me suis pas du tout précipitée sur l'eau chaude car je m'étais très bien habituée à l'eau froide. Mon plus grand bonheur a été d'entendre mes proches me dire qu'ils m'avaient vue dans ce programme telle que je suis dans la vie : naturelle. »
Comment avez-vous vécu ce départ ?
« J'ai été déçue, c'est indéniable, mais je n'ai aucune rancœur. Je m'attendais à partir, des signes étaient visibles. Je sentais que ma présence gênait... Des remarques m'ont blessée, des critiques m'ont parfois fait mal mais je ne me suis pas laissée abattre pour si peu. J'ai vécu cette aventure tout à fait normalement, du début à la fin. Je suis contente que Ève soit en lice pour la finale. J'ai de l'affection pour elle. C'est une copine. J'ai essayé de l'épauler dans les bons comme dans les mauvais moments. Au début, beaucoup se moquaient d'elle. Je n'ai pas apprécié que l'on s'attaque aux plus faibles et j'ai aidé Ève. »
Avez-vous été déçue par le comportement de certains ?
« La vie en communauté exacerbe les sentiments. Les conflits ont éclaté très vite, la plupart du temps pour des broutilles. Il y avait beaucoup de tensions, tout prenait des proportions incroyables. Une vraie basse-cour ! J'ai tout de suite décidé de me tenir à l'écart des discussions. Les manipulations, les alliances, les magouilles, les coups bas : tout ça ne m'intéressait pas ! Je préférais aller travailler et parler aux animaux. J'ai d'ailleurs été plus sidérée que déçue par le comportement des autres fermiers. Lorsque je leur ai rappelé que nous n'étions pas quatorze mais des millions, sous l'œil des téléspectateurs 22 heures / 24, on m'a traitée de maîtresse d'école ! Un comble ! Nantis, nous étions là pour défendre des associations et vivre une expérience unique ! Je regrette que certains l'aient oublié en route ! »
Vincent McDoom n'a pas été des plus tendres avec vous...
« Absolument, et je tiens d'ailleurs à rectifier quelque chose qui me tient à cœur. J'ai appris, à ma sortie, que Vincent n'a pas cessé de dire à l'antenne et dans des interviews que je me fichais des nominations et que le public me sauverait toujours ! Je n'ai jamais dit ça et trouve cela déplorable. Il ne cherchait qu'à influencer les votes. J'ai été choquée car le plus important à mes yeux est la relation saine que je partage avec le public depuis plus de quarante ans ! Il est hors de question qu'elle soit entachée par des réflexions stupides et mensongères. Vincent est passé maître dans l'art des critiques faciles. »
Votre spontanéité en a agacé plus d'un. Comment l'expliquez-vous ?
« Je pense que certains me trouvaient dangereuse pour le jeu. D'autres n'ont pas caché leur jalousie. Je n'ai pas été fatiguée durant ces huit semaines : est-ce un crime ? J'étais la plus âgée et n'avais pas, contrairement aux autres, besoin de faire des siestes, de grasses matinées... Je pense sincèrement que Molière, qui a si bien dépeint la nature humaine, aurait pu ajouter une suite à Tartuffe car, en matière d'hypocrisie, "La Ferme Célébrités" est un superbe exemple ! »
De quoi rêvez-vous aujourd'hui ?
« Je suis comme toutes les personnes qui aiment leur métier mais qui ne l'exercent pas, quoique je fasse beaucoup d'animations ! Je rêve de revenir sur le devant de la scène mais cela ne dépend pas de moi. Je serais ravie que l'on me propose des projets. »
Propos recueillis par Vanessa Bernard · Article publié le 10/06/04 sur le site Internet de La Dernière Heure.