Danièle Gilbert

Cette page présente, en version texte, l'article « Danièle Gilbert : une optimiste à toute épreuve » extrait d'un « Télé Star » d'octobre 1996.

Danièle Gilbert : une optimiste à toute épreuve

Elle souhaite construire des ponts entre les Français et ceux qui tiennent les rênes du pouvoir.
Son tempérament lui a permis de surmonter les déceptions professionnelles.

« Si j'ai dit oui aux "Grosses têtes", c'est surtout par admiration pour Philippe Bouvard et aussi parce que j'adore l'improvisation, la spontanéité. Je vais faire de mon mieux, même si raconter des plaisanteries graveleuses, ce n'est pas mon genre... Je préfère les écouter ! » Une fois encore, Danièle Gilbert surgit là où on ne l'attend pas. Simple invitée vedette ou future abonnée de l'émission ? « La suite ne dépend pas de moi. Si ça marche, on avisera... » On appelle ça de la prudence mais quoi de plus normal après quinze ans de galères et de relations au gris fixe avec le petit écran... Pour moins que ça, certains se seraient noyés dans l'aigreur et l'amertume. Danièle, elle, reste résolument gaie et optimiste. « C'est dans mon tempérament. La hargne, ça donne des rides au cœur... » Ce qui n'empêche l'ex-grande prêtresse de nos déjeuners d'envoyer quelques coups de griffe aux directeurs de chaînes : « À la télé, aujourd'hui, tout est contrôlé, cadré, il n'y a plus de naturel, de spontané sauf dans les émissions de Dechavanne. Les téléspectateurs, on en parle comme de « cibles » à atteindre, quel mot horrible... Et la télévision fait peu de place au bonheur. La société est morose et on ne fait rien pour donner de l'espoir aux gens. C'est pour ça que j'avais imaginé un "Journal des bonnes nouvelles", qui finalement ne s'est pas fait. » Après un nouvel échec, celui de "Télé délires", sur TF1, l'an passé, Danièle s'est tournée vers l'écriture. Au printemps dernier, elle a publié S'il vous plaît, M. le Président, un livre sur les tracas du quotidien, et le manque de communication avec ceux qui nous dirigent. L'ouvrage a été envoyé à bon nombre d'hommes politiques qui ont pris, pour certains, la peine de répondre à son auteur, comme René Monory, Philippe Séguin, Jack Lang, Valéry Giscard d'Estaing et... Jacques Chirac : « Le président a été le premier à me répondre quinze jours après avoir reçu le livre. Il m'a écrit avoir reconnu mon franc-parler et qu'il souhaitait lui aussi voir s'établir un rapprochement social... »

L'homme de sa vie : un « ingénieur-artiste »
Depuis cinq ans, Danièle vit avec Patrick Scemama, qu'elle présente comme un « ingénieur-artiste » :
« Il possède une société d'assistance technique pour les installations pétrolières et il compose, joue du saxo, du piano. Patrick me soutient beaucoup. Je l'ai connu quand il accompagnait Antoine, avec lequel il a fait Centrale. On s'est retrouvés vingt ans plus tard dans un restaurant chinois proche de son bureau. À l'époque, il voulait me proposer un travail de communication. Finalement, on a communiqué, mais d'une autre façon ! »

Cri du cœur contre langue de bois ? « Non, je crois qu'il pense franchement ce qu'il a écrit. Le problème, c'est que ni lui ni les hommes qui nous gouvernent ne se mettent à la place des Français moyens. » L'objectif de Danièle Gilbert est maintenant de prolonger le succès du livre par une émission, en télé ou à la radio. Elle souhaite construire des ponts entre les Français et ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. Pour, par exemple, ne plus voir de SDF mourir de froid sur des trottoirs : « Ce n'est pas normal qu'à quatre ans de l'an 2000, on assiste en France à de tels drames. La solitude, j'y ai été sensibilisée par mon père, un enfant abandonné. À la maison, on n'avait pas d'argent mais il y avait toujours une place à table pour Victor, un clochard. Et, à Noël, il venait déjeuner et repartait toujours avec un costume confectionné par ma mère... »

Isabelle Morand
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