Cette page présente, en version texte, l'article « Danièle Gilbert : "Grâce à Yves Mourousi, je m'amuse comme une folle !" » (Ici Paris, septembre 1992).
Sur R.M.C., de 11 heures à 12h30, nul n'est épargné ! Pour Danièle Gilbert et son délirant acolyte, Didier Gustin, une seule formule est de rigueur : Tout le monde déguste. Cette émission permet à Danièle de conjuguer travail (un mot qu'elle déteste employer) et éclats de rire. « Une véritable récréation », dit-elle.
Ici Paris Magazine : Sur R.M.C., vous retrouvez le plaisir du direct que vous avez connu à la télévision. Vous rejoignez également Yves Mourousi qui a conçu Tout le monde déguste. Comment vivez-vous tout cela ?
Danièle Gilbert : Avec une joie immense. Yves, je le connais depuis une éternité. Il présentait le journal de 13 heures lorsque j'animais mon émission sur la première chaîne. Depuis, on est toujours restés très amis, même si on ne se voyait pas régulièrement. En mai dernier, mon téléphone a sonné. Au bout du fil, c'était Yves. II m'a demandé: « Ça te dirait de faire de la radio ? » Sans savoir ce qu'il allait exactement me proposer, j'ai immédiatement répondu par l'affirmative. Franchement, je ne le regrette pas. Je m'amuse comme une folle, ici.
— Mourousi a l'habitude de venir écouter les émissions dans les studios de R.M.C. Vous dit-il franchement ce qu'il pense de votre prestation ?
— Oh oui ! Trés franchement, sans concession, et surtout avec beaucoup d'intelligence. Ne croyez pas que, parce qu'il embauche des amis, il est plus indulgent avec eux. Pour lui, c'est le professionnalisme avant tout. Amis ou pas, c'est la même chose. C"est d'ailleurs ce que j'apprécie chez lui.
— Vous dites très souvent que les gens le connaissent mal. Alors, comment est-il vraiment ?
— C'est quelqu'un de très sensible, de très humain, alors qu'on le croit froid et distant... II est réellement bourré de qualités. D'ailleurs, j'ai réellement besoin d'admirer les gens pour qu'ils soient mes amis. J'aime qu'on m'épate. Et avec Yves, je suis servie !
— Dernièrement, Yves Mourousi a traversé une terrible épreuve...
— Je ne crois pas qu'il faille en parler. Il n'aimerait pas... (Elle se tait, réfléchit.) J'ai essayé de faire mon possible pour aider Yves, mais c'est délicat, difficile. De manière générale, j'estime que dans une épreuve aussi dure que celle-ci, il faut faire sentir à la personne qu'on est là. C'est tout... Je veux dire par là qu'il ne faut pas s'immiscer à tout prix et de façon impudique dans la vie des gens. On ne doit pas imposer sa présence. La véritable aide, c'est attendre que la personne en question fasse signe, être disponible.
— Vous qui êtes très sensible, vous avez dû être terriblement affectée par ce drame...
— Absolument, c'est vrai, mais ce n'est pas ma peine qui compte. Ce que je ressens n'a aucune importance... Vous savez, j'ai vu là un véritable chagrin. Être spectatrice de la douleur d'une homme, c'est atroce. Je trouve cela encore plus dramatique que chez une femme, parce que je crois que nous, les femmes, supportons mieux la souffrance... La vue d'un homme malheureux m'est insupportable.
— Revenons à l'émission... Didier Gustin aime bien vous taquiner en direct, se moquer de vous. Comment prenez-vous tout cela ?
— Mais très très bien... J'ai l'habitude, avec ma famille. Moi frère est très pince-sans-rire ; mes neveux, n'en parlons pas, et mon père également. Bref, j'ai été à bonne école. D'ailleurs, j'ai depuis longtemps pris le parti d'en rire. Et je n'hésite pas à faire de l'autodérision. Comme ça, je devance tous ces joyeux lurons !
— Vous connaissiez Didier Gustin avant de travailler à ses côtés ?
— Pas du tout, mais ça a tout de suite collé entre nous. Son côté « chien fou » m'amuse énormément. Il a un tonus communicant. Et même si j'ai des des soucis, des petits bobos à l'âme, lorsque j'entre dans le studio, à 11h30, ils disparaissent immédiatement. Je n'ai plus besoin de vitamines. L'animation, c'est ma dope !